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Le chauffage au bois une façon intelligente de faire du
développement local
en vue dun avenir énergétiquement durable
Le
bois est une énergie propre et renouvelable. Le CO2 libéré
pendant sa combustion est le même que celui qu'il a absorbé
par photosynthèse pour sa croissance et même inférieur
à celui qui serait rejeté dans l'atmosphère
lors de sa dégradation naturelle. En se décomposant
naturellement le bois produit du CH4 (méthane), en plus du
CO2, jouant un rôle nettement plus important sur l'accroissement
de l'effet de serre. En l'utilisant pour le chauffage Il est donc
neutre vis-à-vis de l'effet de serre.
Comme le prélèvement forestier annuel est inférieur
à l'accroissement naturel de la forêt (moins de 60
%), on constate chaque année un accroissement de celle-ci.
Le bois énergie représente moins de 2 % de cet accroissement
naturel.
Dans
le cas d'une combustion incomplète (cheminées ouvertes,
poeles ou inserts de mauvaises qualités, régime de
ralenti, etc.) la pollution et l'entretien augmentent énormément.
Beaucoup de chaleur est perdue dans le conduit de fumée.
Des goudrons, de l'acide acétique et des poussières
se déposent dans ces mêmes conduits et s'échappent
par la cheminée entraînant une pollution importante
ainsi que des risques d'incendies (feu de cheminée). Leur
concentration est conditionnée par la qualité du matériel
utilisé, les phases de ralenti, la qualité de la combustion
ainsi que la qualité du bois son humidité.
Contribution
du bois énergie dans le bilan national des émissions
Source ADEME/CITEPA 2003
Les
chiffres se trouvant dans les cases rouges (CO, COV et HAP) sont
justement dus aux appareils ayant une combustion incomplète
du secteur domestique (cheminée ouverte ou ancien poele)
et non aux chaudières bois automatiques ou poeles performants
type flamme verte comme nous allons le voir ensuite.
L'utilisation d'un matériel performant, respectant les normes
en vigueur, permet de se chauffer avec le même confort et
un budget de fonctionnement nettement inférieur à
une énergie fossile, tout en diminuant notre empreinte écologique.
Facteurs
d'émission des appareils domestiques
Source ADEME/CITEPA 2006
Les foyers fermés
et inserts modernes émettent 2 à 4 fois moins qu'un
ancien.
Facteurs
d'émission des appareils domestiques
Source:
ADEME /CITEPA et EGTEI 2006
Un insert neuf
permet de réduire de 7 à 30 fois les émissions
d'un foyer ouvert.
Les
cuisinières et poêles modernes émettent 2 à10
fois moins que les anciens.
Les chaudières neuves génèrent entre 2 et 80
fois moins de polluants selon le type de polluants considéré.
Pour
une habitation de 120 m2 avec une consommation de 25 000 kWh/an,
le passage du fioul au bois permet déviter lémission
denviron 6,5 tonnes de CO2 /an soit plus de 45 000 km parcourus
par un véhicule individuel !
Evolution
de la filière bois énergie en Isère depuis:
Le bois énergie comprend de multiples facettes avec une très
grande diversité de combustibles, qui peuvent répondre
ou non à des besoins spécifiques et nécessitent
l'utilisation de matériels adaptés.
Le bois énergie en France est encore aujourd'hui majoritairement
consommé sous forme de bûches dans l'habitat individuel.
Utilisé traditionnellement comme moyen de chauffage principal
dans les campagnes, l'usage de la bûche a évolué
depuis 30 ans. Dans un contexte de bas prix du pétrole, même
les agriculteurs ont parfois abandonné le chauffage central
aux bûches en se chauffant au fioul, pour des raisons de commodité.
Constatant la mauvaise image du chauffage au bois, au début
des années 90 en Isère l'AGEDEN a décidé
de promouvoir de nouvelles solutions de chauffage au bois performantes
offrant le même confort que les énergies concurrentes.
Deux possibilités s'offrent alors :
1.Des
systèmes de chauffage central aux bûches avec hydroaccumulation
(pour avoir un fonctionnement optimisé de la chaudière
et supprimer les phases de fonctionnement au ralenti)
2.
L'introduction du chauffage automatique avec un nouveau combustible
: les plaquettes forestières. Ce bois broyé et sec,
devient un combustible compatible avec une alimentation automatique.
C'est alors l'époque des pionniers qui prennent le risque
d'investir dans ces nouvelles solutions. L'AGEDEN a contribué
de 1994 à 2000 à développer des solutions
(pour mobiliser des entreprises, faire venir des matériels
déjà développés en Autriche et en
Allemagne ou cette technologie était mise en uvre
massivement depuis 20 ans). Après les premiers particuliers
comme M. BRET à St Clair sur Galaure, des communes s'investissent
sur ces solutions nouvelles. C'est notamment le cas de Morette,
de St Quentin sur Isère, puis de St Marcellin, de Miribel
Lanchâtre et de Château Bernard, puis de Lans en Vercors.
Peu à peu l'idée fait son chemin. Des installations
voient le jour également pour alimenter le parc de logements
de bailleurs sociaux (OPAC38 notamment).
A partir de 2000 le bois énergie en Isère devient
vraiment une filière reconnue et les initiatives se multiplient
avec des volontés politiques de changer d'échelle
et de dynamiser une filière économique locale.
Des
matériels performants :
Nous
nous intéresserons ici aux chaudières automatiques
au bois. Il existe de très bonnes chaudières fonctionnant
avec du bois bûche mais n'ayant pas d'autonomie importante
(alimentation au minimum deux fois par jour) et ne pouvant donc
pas être comparées avec d'autres chaudières
à énergie fossile reliées à un chauffage
central.
Le fonctionnement des chaudières automatiques au bois est
proche de celui des chaudières classiques (fioul, gaz). Seuls
le système d'alimentation et le combustible changent. Ces
chaudières ont des performances intéressantes avec
des rendements de combustion élevés (de l'ordre de
85 à 95 %) et une combustion presque totale du bois entraînant
très peu de cendres (1 %). Elles possèdent aussi une
grande autonomie car l'alimentation, l'allumage et le décendrage
sont automatiques.
Deux principaux
types de chaudières et de combustibles :
- Le granulé
- Le bois déchiqueté
Le
granulé:
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Ce
combustible est fabriqué à partir de sciures
de scieries ou de sous-produits de menuiseries (propres et
non traités). Après broyage et séchage,
il est
fortement
comprimé par procédé industriel sans
aucune adjonction de colle ou autres produits. On obtient
alors un petit cylindre de dimensions comparables
aux granulés des aliments du bétail avec un
taux d'humidité très faible d'où un fort
pouvoir calorifique.
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L'intégration
d'une chaudière à granulé de bois est nettement
plus aisée qu'une chaudière à bois déchiqueté.
Sa mise en uvre s'apparente à celle d'une chaudière
"fioul". La taille de la chaudière n'est pas imposante
et le volume de stockage est tout à fait intégrable
aussi bien dans une habitation rurale que dans une habitation urbaine.
Pour
une maison de 100 m2 et bien isolée, un volume de stockage
de 6 m3 suffit à couvrir les besoins de chauffage et d'eau
chaude sanitaire pour une famille de 4 personnes (cela représente
une emprise au sol de moins de 3 m2).
L'implantation du silo de stockage peut se trouver jusqu'à
20 m de la chaudière et l'accès au silo jusqu'à
40 m.
L'utilisation
d'un système pneumatique avec le granulé permet une
facilité d'intégration très grande.
Le
budget moyen d'investissement est l'ordre de 15 000 € pour
l'installation de ce type de chaudière avec des aides régionales
et départementales cumulables aux crédits d'impôts.
Il reste donc environ 7 000 à 8 000 € à la charge
du maître d'ouvrage.
En
budget de fonctionnement il faut compter environ 200 € la tonne
de granulé livrée soit 4,2 c€ le kWh. Une évolution
a été relevée sur notre département
depuis le début de l'année 2006 avec plus de 15 %
d'augmentation en moins de six mois. Le granulé reste dans
une logique industrielle tant dans son processus de fabrication
que dans son évolution économique. Utiliser un chauffage
aux granulés reste plus intéressant économiquement
et écologiquement que l'utilisation d'une énergie
fossile ou fissile mais rien ne permet d'avoir une vision sur le
long terme vis-à-vis du coût de fonctionnement.
Avec
le granulé vous avez aussi la possibilité d'utiliser
des poeles spécifiques susceptible d'être raccordés
à un système de chauffage central et à la production
d'eau chaude sanitaire. Ces poeles ne sont pas éligibles
aux mêmes aides mais bénéficie du crédit
d'impôt et d'une aide du conseil général de
l'Isère calculée en fonction des revenus imposables.
Le bois déchiqueté:
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Le
bois déchiqueté à trois origines principales
qui sont le bois d'origine forestière, les connexes
de scierie et les déchets de bois industriel. Dans
le cas d'une installation individuelle seul le bois d'origine
forestière ou les connexes de scierie sont utilisables.
Les déchets de bois industriel sont utilisés
après un tri minutieux (absence de produits toxiques,
peinture, etc.) dans les grosses chaufferies collectives pouvant
accepter un combustible plus grossier et plus humide.
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Dans
le cas de chaudières à bois déchiqueté
l'implantation et l'emprise au sol du silo de stockage sont plus
problématiques. Contrairement aux chaudières à
granulé il n'existe pas encore système pneumatique
pour relier le silo à la chaudière. La distance maximale
est donc de 10 m, équivalent à la longueur maximum
de la vis sans fin.
Ici
la réserve de stockage à une surface au sol de forme
carrée (entre 6,5 et 16 m² au sol par 2 à 4 m
de hauteur). Un système de pales rotatives amène le
combustible jusqu'à une vis sans fin, elle-même l'acheminant
jusqu'au foyer de la chaudière.
Les
avantages de ce type de chaudière sont une autonomie importante
(de 3 à 12 mois en général), un niveau d'automatisation
plus ou moins optimisé selon les modèles et marques
considérés, une grande souplesse de fonctionnement
laissant la possibilité de s'absenter sans avoir la contrainte
d'avoir à alimenter sa chaudière contrairement au
système à bûches.
Ce
type de chaudière apporte les mêmes agréments
qu'une chaudière fioul ou gaz. Les inconvénients majeurs
sont l'encombrement du système, et son coût relativement
élevé d'investissement. Il faut compter environ 25
000 € pour une installation complète (chaudière,
silo, hydraulique de chaufferie, main d'uvre). Les aides actuelles
couvrant 50 % de l'investissement et le budget de fonctionnement
étant le moins élevé à l'heure actuelle,
c'est donc l'énergie la plus intéressante du moment.
En coût de fonctionnement le prix du kWh bois déchiqueté
est d'environ 2,7 c€ (1).
(1)
A titre de comparaison le kWh est à 11 c€ en électricité,
11 c€ en propane ou 6.4 c€ pour le fioul (juin 2007)
Cette
filière a aussi l'avantage d'être une filière
courte (production locale) réduisant donc les pertes énergétiques
dues au transport et à la transformation du produit, favorisant
le développement local en créant des emplois de proximité
tout en valorisant la forêt iséroise. En 2006 le bois
déchiqueté permet de réinvestir 6 millions
d'euros dans l'économie locale sur le département
de l'sère.
C'est
aussi le moyen de chauffage, le solaire mis à part, laissant
une empreinte écologique la plus faible.
Une nouveauté cette année sur le département
de l'Isère est l'arrivée de camion souffleur de plaquettes.
Ce système permet d'approvisionner facilement des silo hors
sol (comme pour le granulé) et donc de réduire les
budgets d'investissement et de réaliser des chaufferies bois
automatique dans des secteurs ou il était encore impossible
de réaliser un approvisionnement jusqu'à ce jour.
En effet un tuyau d'une vingtaine de mètres permet d'accéder
à des chaufferies et leur silos inaccessibles actuellement.
Etat
de la filière en Isère :
Grâce
au soutien des partenaires publics (ADEME, Région Rhône-Alpes
et Conseil Général), l'AGEDEN anime "le plan
bois énergie" en Isère avec deux pôles
distincts mais complémentaire que sont :
- Le chauffage
automatique au bois pour les projets collectifs avec la réalisation
de réseau de chaleur associé.
- Le développement
du chauffage automatique de petite puissance pour les particuliers
ou le petit collectif privé.
Les
objectifs de ce travail sont les suivants :
- Permettre
d'évaluer la faisabilité technique d'une chaufferie
bois
- Vérifier
la pertinence de l'installation de ces systèmes par rapport
à celle d'une énergie fossile ou autre
- Evaluer
les aspects environnementaux, énergétiques et
économiques.
Aujourd'hui,
en Isère, la filière bois énergie commence
à être significative du fait d'un travail mené
par l'AGEDEN (conseils techniques, permanences lors des Espaces
Information Energie, portes ouvertes, etc.) et du programme de diffusion
mis en place par les organismes financeurs que sont l'ADEME, la
Région Rhône-Alpes et le Conseil Général
de l'Isère.
Ainsi
ce sont :
- 39 chaufferies
collectives publiques et plus de 700 chaufferies individuelles
ou collectives privées en fonctionnement, soit une consommation
de plus de 30 000 MAP (M³ Apparent Plaquette) par an de
bois 100 % forestiers.
- 90 entreprises
de plomberie impliquées (par des formations, des stages
chez les constructeurs et/ou la réalisation de chaufferies.)
- 25 filières
d'approvisionnement, avec une forte implication au niveau des
chaufferies collectives, ainsi que 6 points de fourniture dans
la filière granulé.
- 45 marques
présentes sur le marché isérois avec une
offre très variée : gamme de produits de 7 kW
à 2 MW, de un jour à un an d'autonomie.
Cette
filière naissante il y a seulement 6 ans est en pleine essor
aujourd'hui comme le montre le graphisme suivant avec les puissances
en kW:
Concernant
l'aspect environnemental des projets, rappelons que la France a
réaffirmer son engagement (via la ratification du traité
de Kyoto) à limiter ses émissions de gaz à
effet de serre tout en augmentant l'indépendance énergétique
de notre pays. Ces engagements nécessitent donc d'utiliser
les ressources locales et renouvelables telles que le bois, le solaire,
etc.
Economie
locale quelques chiffres pour la France(2):
Le
bois énergie c'est 25 000 équivalent temps plein
10
Millions de tep économisées soit une économie
de 3 milliards deuros dimportation énergétique,
valeur réinjectée dans léconomie locale
Revitalisation
de circuit court (emplois locaux)?
Outre
les chaudières automatiques, 85 % des appareils sont produits
en France
Une
augmentation de 50 % du bois énergie consommé cest
20 000 nouveaux emplois dans la filière bois
Les énergies fossiles sont la cause de nombreux
conflits armés.
La raréfaction de ces ressources pourraient en engendrer
d'autres (3).
Tous les pays subiront les conséquences du déréglement
climatique. Il est indispensable de réagir dès aujourd'hui
en changeant nos habitudes de consommation et en suivant la trilogie:
Sobriété, Efficacité et Énergie renouvelable
(2) Source ECORESP le livre débat des actions possibles pour
développer une économie responsable
(3) RAC
Réseau Action Climat
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