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Une
énergie vieille de 2000 ans !
Son
histoire a débuté il y a plus de 2000 ans. L'énergie
hydraulique est d'abord utilisée pour produire de l'énergie
mécanique à travers des roues à palettes ou
à augets (entraînement de scies, soufflets de forges
et machines diverses).
A la fin 19ème siècle, les évolutions technologiques
permettent à l'énergie hydraulique de prendre une
nouvelle dimension : la production d'électricité.
Le département de l'Isère est alors témoin
de cette prouesse et accueille les premières installations,
supports de la grande histoire de l'hydroélectricité.
De
la grande hydraulique à la pico-centrale
L'énergie
hydraulique recouvre des réalités très variées.
La taille des ouvrages y est particulièrement large, allant
de plusieurs MW à quelques kW, de l'équivalent de
plusieurs tranches nucléaires à la consommation d'un
refuge de montagne.
La
classification de l'énergie hydraulique selon les tailles
d'installations est la suivante :
| Classification |
Puissance
en kW |
| Grande
Hydraulique |
> 10
000 kW |
| Petite
Hydraulique |
1000 kW
< P < 10 000 kW |
| Micro Hydraulique
|
10 kW <
P < 1000 kW |
| Pico Hydraulique |
< 10
kW |
La
France a très largement développé son potentiel
hydraulique notamment avec la réalisation d'installation
de " Grande Hydraulique ", qui représente plus
de 90 % de la puissance installée, soit 23 500 MW. Le reste,
la Petite Hydraulique (en grande partie) dépasse tout juste
les 2000 MW installés.
Le cadre
règlementaire
Maîtrise
du foncier :
L'implantation
d'une centrale hydraulique, le passage d'une conduite forcée
sont contraints par la nécessité de maîtriser
le foncier. En effet, des servitudes sont à négocier
avec le ou les terrains concerné(s) ou le porteur de projet
peut décider de les acquérir. Par ailleurs, il n'existe
pas de règles préétablies par rapport à
ce type de négociation, ce qui rend parfois difficile les
projets.
Prélèvements
et droits d'eau :
Sur
tous les cours d'eau et rivières, l'usage de l'eau appartient
à titre privilégié au riverain à condition
de restituer l'eau. Le préfet réglemente cet usage
afin d'éviter tout danger pour la ressource et les écosystèmes
aquatiques.
Ainsi,
les installations hydrauliques quelle que soit leur puissance sont
soumises à déclaration et à autorisation préfectorale.
Elle doit respecter la loi sur l'eau de 1992 et son décret
d'application relatif à l'hydroélectricité
N°95-1204 du 6 décembre 1995.
Par
ailleurs, certains équipements bénéficiant
d'un droit fondé en titre ne sont pas soumis à autorisation
ou déclaration s'il n'y a pas de modification la puissance
hydraulique du site.
Pour
toutes questions relatives à l'autorisation et à la
déclaration d'utilisation de l'énergie de l'eau, le
préfet s'appuie sur les services compétents de la
DDAF (police de l'eau). L'autorisation préfectorale ne peut
être donnée que pour des installations dont la puissance
installée est inférieure à 4500 kW bruts. Au-dessus
de ce seuil et jusqu'à 12 MW, c'est le régime de la
concession qui s'applique.
Les installations
raccordées au réseau EDF :
Jusqu'en
2012 pour les anciennes installations et pendant 20 ans pour les
nouvelles, EDF est tenue de racheter l'électricité
produite par un producteur autonome qui souhaite réinjecter
tout ou partie de sa production d'électricité.
Le
raccordement est soumis à certaines conditions (réglementaires
par rapport au droit d'eau exprimées précédemment),
de qualité (par rapport au courant produit) et de sécurité
(par rapport aux personnels intervenant sur les réseaux électriques).
Une
rencontre avec EDF s'imposera afin de valider tous ces éléments
techniques et administratifs et un contrat d'achat de l'électricité
sera signé, une fois le branchement de l'installation au
réseau EDF effectué. On ne peut rien obtenir d'EDF
tant que les demandes d'autorisation ne sont pas satisfaisantes.
Le Département
de l'Isère en quelques chiffres
La
capacité totale en fonctionnement est inchangée depuis
près de 10 ans en Isère. Le taux de nouvel équipement
est marginal. Les graphiques suivants présentent les puissances
hydrauliques installées, ainsi que le nombre, établis
en fonction du type de maître d'ouvrage :
Puissance
hydraulique installée en MW en Isère
(Installations règlementées)
Nombre
d'installations en Isère
(Installations règlementées)
Ces
résultats sont très importants à l'échelle
du Département. La puissance hydraulique installée
en Isère représente un peu moins de 18% de la puissance
totale. EDF et CNR couvrent plus de 97 % de la puissance installée
avec seulement 38 % des installations. Il faut également
noter que la centrale EDF de Grand'Maison a une puissance de 2000
MW !
En
Isère, on constate que la grande hydraulique domine comme
le montre le graphique suivant :
Puissance
installée en Isère
selon la classification de l'hydroélectricité
Installations
hydrauliques en Isère
selon la classification de l'hydroélectricité
Quel
potentiel ? Quelles perspectives ?
L'avenir
de l'hydraulique réside d'une part dans l'amélioration
des sites existants, notamment le remplacement des équipements
existants ou vétustes (amélioration des rendements
des systèmes). Cela contribuerait à une augmentation
de la production d'électricité d'origine renouvelable
à puissance installée égale. Cette piste est
à mener notamment dans le cadre des installations de Grande
Hydraulique.
D'autre
part, il est également souhaitable de " réactiver
" de vieilles installations qui ont produit de l'énergie
jusqu'au début du siècle dernier et qui sont tombées
en désuétude, notamment des équipements de
Petite et de Micro Hydraulique. Rappelons qu'en France, au début
du 19ème siècle, on comptait près de 80 000
moulins.
Enfin,
de nouvelles installations sont à développer, plus
particulièrement dans le domaine de la Micro et Pico Hydraulique.
La cible du turbinage de l'eau potable et des eaux usées
est également une piste non négligeable. Quelques
références existent en Isère, mais les chiffres
sont encore trop peu éloquents, aussi tout reste à
faire.
Le
potentiel est estimé à environ 1000 MW en France,
dont la moitié en Rhône-Alpes. L'Isère, qui
détient 40 % de puissance installée en Région
Rhône-Alpes est donc un territoire privilégié.
Il est néanmoins nécessaire de créer des conditions
administratives et règlementaires de développement
favorables.

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