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AGEDEN
: Joël CONY bonjour. Historiquement, jusqu'où remonte
l'établissement de votre exploitation ?
JC : bonjour, l'exploitation date des années 30
AGEDEN
: vous êtes donc nuciculteur, quelle est la forme juridique
que vous avez choisi pour votre exploitation ?
CONY : Nous sommes montés en GAEC, le GAEC des Signaux. C'est
un GAEC familial qui est composé de 3 associés, ma
femme, ma sur et moi et qui a comme principale activité
la monoculture de la noix
A
: Combien d'hectares
possédez-vous ?
C : Il y a actuellement 40 hectares de noyers en production et une
dizaine en jeunes plants.
A
: Qu'elle est le devenir de votre production ?
C : Les noix récoltées sont mises en sac de 5 Kg puis
entassés en palettes de 750 Kg pour ensuite être expédiées
auprès de marchés de gros, du Marché d'Intérêt
National.
A
: Maintenant que le décor est planté, expliquez-nous
comment vous êtes venu au chauffage automatique au bois.
C : Nous sommes entrés dans cette maison familiale en 1998.
Le chauffage était ancien et peu performant :. Une chaudière
bois bûche datant de 1980 dans laquelle on faisait brûler
du bois de noyer et un peu de châtaigner. Nous utilisions
du fioul en chauffage d'appoint que nous faisons fonctionner au
minimum, quitte à ne pas avoir chaud l'hiver. Il fallait
donc changer la chaudière et revoir notre mode de chauffage
A
: Quelles ont été vos motivations dans le choix du
combustible et du type de chaudière ?
C : Le choix du combustible a été rapide puisque,
du fait de mon activité professionnelle, j'ai du bois de
noyer en grande quantité, et à chaque élagage,
nous devons de toute façon sortir le bois des champs.
C'est à l'occasion d'une visite organisée par l'AGEDEN,
à Izeron, que j'ai découvert le chauffage automatique
au bois. Etant déjà porté sur les innovations
technologiques, vous imaginez bien que le principe de chaudière
automatique au bois m'a réellement séduit du fait
de sa praticité, elle s'alimente seule à partir d'un
combustible que j'étais en capacité de produire moi-même,
moyennant l'utilisation d'un broyeur fonctionnant à l'aide
d'un moteur de tracteur.
De plus, la nature du bois n'influe que très peu sur le pouvoir
calorifique des plaquettes. J'ai donc opté pour l'utilisation
de plaquettes forestières.
Pour le matériel et au vu de ma surface de maison (400 m2)
le choix se portait vers une chaudière d'une puissance de
45 kW. Mais compte tenu du faible écart de prix et voulant
utiliser la chaleur pour nos séchoirs à noix, je me
suis plutôt orienté vers une chaudière de 55
KW.
A : Alors maintenant, quel système utilisez-vous ?
C : Nous sommes actuellement équipés d'une chaudière
automatique à bois déchiqueté de marque HARGASSNER
d'une puissance de 55 KW. Celle-ci est utilisée pour le chauffage
de la maison mais aussi pour une partie des besoins lors du séchage
des noix. Ce système nous autorise une grande autonomie (jusqu'à
3 mois en plein hiver) à partir d'un combustible " fait
maison "
A
: Quelles difficultés avez-vous rencontré durant ces
choix ? Qui vous a aidé ?
C : Les principales difficultés étaient dans le choix
du matériel : différences de prix, autonomie, calibrage
des copeaux, stockage
. L'AGEDEN m'a conseillé dans
ce choix, sans prendre partie pour une marque précise.
A
: Aujourd'hui, quelle couverture de vos besoins arrivez-vous à
atteindre ?
C : Pour les besoins de la maison, j'atteins les 100 % et pour le
séchage des noix, c'est plutôt 25 à 30 %.
A
: Quel type de chauffage d'appoint utilisez-vous pour les noix et
quel part de votre budget énergie cela représente-il
?
C : J'utilise du chauffage au gaz qui me revient à environ
1 524 € par an. Ce type de chauffage est moins intéressant
que le bois du fait de son prix mais aussi du fait qu'il a tendance
à humidifier l'air, ce qui est gênant pour le séchage
des noix ! J'envisage d'ailleurs d'investir dans une chaudière,
peut être à air pulsée pour couvrir le reste
de mes besoins pour les noix (250 à 300 KW). Celle-ci ne
fonctionnerait que 3 semaines par an puisque la durée de
séchage des noix est courte.
(vis
sans fin)
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A
: En combien de temps pensez vous amortir votre achat ?
C : L'amortissement devrait me prendre moins de 10 ans.
A
: Parlons maintenant de ce combustible, la " plaquette "
: comment se fabrique t'il ? et comment le stocke t-on ?
C : Comme je vous le disais, je possède du bois de noyer
en quantité, et appartenant à la CUMA " Bois
Energie du Dauphiné " qui a investi dans un broyeur,
j'ai donc la possibilité de m'en servir. Je broie environ
une semaine par an, essentiellement mes chutes d'élagage
pour une quantité d'environ 200 à 250 MAP. Je n'en
garde que la moitié , la quantité annuelle nécessaire
à nos besoins d'énergie étant de l'ordre de
100 m3 de " plaquette " (environ 25 tonnes de bois).
Pour le stockage, un premier hangar me permet de stocker le bois
" vert " broyé. Une fois sec, je le transfère
dans un silo à fond désileur contigu à la chaudière.
D'une capacité de 50 m3, je le réalimente 2 à
3 fois par an.
(réserve)
A
: Avez-vous une remarque sur le fonctionnement de votre chaudière
?
C : Non pas spécialement, mais je tiens quand même
à signaler le fait que je dois vider le cendrier de la chaudière
tous les 2 à 3 jours quand elle est à pleine puissance.
Ceci provient sûrement du fait que j'utilise du bois de noyer
en bûches mais aussi en petit branchage.
A
: Vous parliez à l'instant de la CUMA bois-énergie
du Dauphiné ,vous en êtes non seulement adhérent,
mais aussi Président
alors pourquoi et
comment ?
C : Je suis président depuis décembre 2003. Etant
le plus gros utilisateur de la CUMA, et ayant beaucoup uvré
pour le choix et l'achat des matériels, et notamment pour
l'achat de la grue, on m'a proposé la présidence que
j'ai acceptée sans volonté particulière de
ma part.
La CUMA est aujourd'hui organisée en 2 secteurs (Nord, Sud)
avec 1 responsable par secteur, qui gère le planning, assure
la maintenance et forme les nouveaux adhérents à son
utilisation. Nous avons 1 broyeur par secteur (FARMI 260), chacun
possédant sa remorque pour le transport. Seul le broyeur
de la partie sud est équipée d'une grue, qui se transporte
en tracteur.
La CUMA compte aujourd'hui 30 adhérents, réparti pour
moitié entre la zone nord et la zone sud.
A
: Les broyeurs que vous utilisez ont donc été achetés
par la CUMA, comment le choix a-t-il été réalisé
?
C : La CUMA a proposé à ses adhérents un choix
entre 2 marques. Après de multiples essais de démonstration,
le choix s'est porté sur le modèle qui nous semblait
le plus performant et surtout, qui pouvait accueillir une grue,
pour la manipulation du bois. Pour le transport, les broyeurs sont
montés sur une remorque pouvant être tractée
par une voiture. Le modèle FARMI choisi est le 260, qui se
branche sur la prise de force d'un tracteur.
A
: Quel a été le prix de cet achat et comment a-t-il
été financé ?
C : L'ensemble des achats, la grue, les 2 remorques, les 2 broyeurs
et 10 jeux de couteaux (5 par broyeur) ont coûté
70 244 €. Nous avons touché des subventions à
hauteur de 60 % : 25 % du Conseil Régional, 20 % de l'ADEME
et 15 % du FEDER (Fond européen)
A
: A votre avis, le chauffage automatique au bois a-t-il de l'avenir
dans notre département ?
C : Je crois que oui, si l'on considère le volume de bois
disponible, la vitesse de renouvellement de la forêt et bien
sûr la hausse continue du coût des énergies fossiles.
Jusqu'à aujourd'hui, je reste tout de même étonné
de la lenteur de la croissance de cette filière " bois
énergie "..
A
: Pourquoi selon vous cette
" lenteur " ?
C : Il y a sans doute plusieurs raisons à cela : tout ceux
qui possèdent du bois n'ont pas forcément envie de
manipuler la tronçonneuse et l'investissement important à
réaliser fait peur. Toutefois, avec l'envolée des
prix du pétrole, la réduction de fait des durée
d'amortissement du matériel et les aides importantes attribuées
par les collectivités territoriales, il se pourrait bien
que la filière " décolle " enfin.
AGEDEN
: Joël CONY merci !
(chaudière)
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