|
AGEDEN
: Philippe ALLAGNAT bonjour, vous exploitez, avec Jean Thomas SOUVIGNE
une exploitation agricole, décrivez la nous en quelques mots.
PA : Cette ferme appartenait à mes parents. A la retraite
de mon père, ma mère et moi nous sommes mis en GAEC
avec comme objectif futur que je reprenne l'activité avec
un ou plusieurs associés. Durant cette période de
transition l'exploitation comprenait 55 hectares et 50 vaches en
stabulation toute l'année.
C'est en décembre 2002 que je décide de m'associer
avec Jean Thomas SOUVIGNE et que l'on défini la Charte du
GAEC de l'Abreuvoir. Elle s'articule autour de 6 thèmes :
autonomie dans la ferme, transmissibilité, répartition
des volumes de production, la ferme dans le développement
local, le travail avec la nature et la qualité des produits.
Ensemble, nous avons orienté l'exploitation vers une désintensification
de l'activité agricole avec le retour à " l'herbe
", une salle de traite mobile dite " sauterelle "
et une fromagerie.
(Salle
de traite mobile : "La sauterelle")
A
: Votre projet s'oriente donc principalement vers un retour aux
sources de l'agriculture, favoriser le pâturage des vaches.
PA : En effet, et c'est d'ailleurs de là qu'est partie
l'idée d'une salle de traite mobile. Le corps de ferme,
ainsi que la salle de traite, se situent en plein centre de Saint
Sorlin de Morestel alors que les pâtures se trouvent à
quelques 3 kilomètres. Il était impensable de faire
le trajet 2 fois par jour avec les vaches pour les emmener à
la traite. La solution la plus adaptée était de
décentraliser la traite et de la réaliser en pâture,
mais il nous était impossible de construire une installation
en dur puisque le terrain ne nous appartient pas. En effet il
provient d'échanges entre agriculteurs dans le but de regrouper
les parcelles. Une salle de traite mobile nous est alors apparue
comme la seule solution envisageable.
 |
C'est
une salle de traite montée sur une remorque et pouvant
être tirée par un engin agricole. On en trouve beaucoup
dans les montagnes savoyardes et hautes savoyardes. Elles sont
souvent totalement autonomes, aussi bien en électricité
(grâce aux panneaux solaire photovoltaïque) qu'en eau
chaude. Dans notre cas l'électricité n'était
pas un problème, le réseau EDF étant très
proche des parcelles. Il ne restait plus que le problème
de l'eau chaude.
(Ballon d'eau chaude et capteurs solaire thermique)
|
|
A
: Votre salle de traite mobile vous permet-elle de traire beaucoup
de vaches en même temps ?
PA : A son achat, elle n'était dimensionnée que pour
la traite de 4 vaches, mais nous avons réalisé des
travaux pour la passer à 6 vaches. Cela nous permet de traire
relativement rapidement notre cheptel, qui actuellement se compose
de 40 vaches laitières.
Nous ne nous en servons que pendant la saison estivale, la saison
de pâturage, en hiver, les vaches sont en stabulation à
la ferme, et donc traites en salle de traite.
A
: Vous avez parlé tout à l'heure de l'eau chaude,
comment la produisez-vous ?
PA : Nous avons besoin d'eau chaude pour le nettoyage du circuit
laitier de l'installation. Il doit être réalisé
après chaque traite avec de l'eau chauffée à
un minimum de 60 °C. Pour cela, nous avons fait installer un
chauffe eau solaire composé de 4 m² de capteurs et d'un
ballon de 200 litres.
(Capteurs
solaire)
L'eau est en priorité chauffée par le solaire. Un
appoint électrique est programmé pour se déclancher
2 heures avant la traite si l'eau du ballon n'atteint pas les 60°C
minimum.
Cette salle de traite mobile nous satisfait pleinement. Autre avantage,
elle nous permet, en plus de traire directement en pâture,
de laisser les eaux blanches (eau + lait) s'écouler directement
dans les champs. Ce type d'installation limite également
la production de fumier, les vaches sortant directement dans la
pâture une fois traites.
De plus, il est appréciable, après une journée
de travail, de pouvoir s'asseoir pendant la traite.
A
: Avez-vous des projets futurs dans l'évolution de vos activités
?
PA : Nous avons en prévision de réaliser un système
de séchage solaire de fourrage en grange et d'intégrer
un 3ème associé au GAEC de l'Abreuvoir.
A : Philippe
ALLAGNAT merci.
|