Agriculteur

Une salle de traite mobile…à eau chaude solaire
Propos recueillis par Alexandre GUERLE


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Messieurs ALLAGNAT et SOUVIGNE sont réunis dans le GAEC de l'Abreuvoir et exploitent une ferme de polyculture élevage située sur la commune de Saint Sorlin de Morestel. Pour un bon développement de leur activité agricole et au regard de certaines contraintes, ils ont investi dans une salle de traite mobile qui fonctionne à l'énergie solaire thermique.

AGEDEN : Philippe ALLAGNAT bonjour, vous exploitez, avec Jean Thomas SOUVIGNE une exploitation agricole, décrivez la nous en quelques mots.
PA : Cette ferme appartenait à mes parents. A la retraite de mon père, ma mère et moi nous sommes mis en GAEC avec comme objectif futur que je reprenne l'activité avec un ou plusieurs associés. Durant cette période de transition l'exploitation comprenait 55 hectares et 50 vaches en stabulation toute l'année.
C'est en décembre 2002 que je décide de m'associer avec Jean Thomas SOUVIGNE et que l'on défini la Charte du GAEC de l'Abreuvoir. Elle s'articule autour de 6 thèmes : autonomie dans la ferme, transmissibilité, répartition des volumes de production, la ferme dans le développement local, le travail avec la nature et la qualité des produits.
Ensemble, nous avons orienté l'exploitation vers une désintensification de l'activité agricole avec le retour à " l'herbe ", une salle de traite mobile dite " sauterelle " et une fromagerie.

(Salle de traite mobile : "La sauterelle")

A : Votre projet s'oriente donc principalement vers un retour aux sources de l'agriculture, favoriser le pâturage des vaches.
PA : En effet, et c'est d'ailleurs de là qu'est partie l'idée d'une salle de traite mobile. Le corps de ferme, ainsi que la salle de traite, se situent en plein centre de Saint Sorlin de Morestel alors que les pâtures se trouvent à quelques 3 kilomètres. Il était impensable de faire le trajet 2 fois par jour avec les vaches pour les emmener à la traite. La solution la plus adaptée était de décentraliser la traite et de la réaliser en pâture, mais il nous était impossible de construire une installation en dur puisque le terrain ne nous appartient pas. En effet il provient d'échanges entre agriculteurs dans le but de regrouper les parcelles. Une salle de traite mobile nous est alors apparue comme la seule solution envisageable.

C'est une salle de traite montée sur une remorque et pouvant être tirée par un engin agricole. On en trouve beaucoup dans les montagnes savoyardes et hautes savoyardes. Elles sont souvent totalement autonomes, aussi bien en électricité (grâce aux panneaux solaire photovoltaïque) qu'en eau chaude. Dans notre cas l'électricité n'était pas un problème, le réseau EDF étant très proche des parcelles. Il ne restait plus que le problème de l'eau chaude.

(Ballon d'eau chaude et capteurs solaire thermique)

A : Votre salle de traite mobile vous permet-elle de traire beaucoup de vaches en même temps ?
PA : A son achat, elle n'était dimensionnée que pour la traite de 4 vaches, mais nous avons réalisé des travaux pour la passer à 6 vaches. Cela nous permet de traire relativement rapidement notre cheptel, qui actuellement se compose de 40 vaches laitières.
Nous ne nous en servons que pendant la saison estivale, la saison de pâturage, en hiver, les vaches sont en stabulation à la ferme, et donc traites en salle de traite.

A : Vous avez parlé tout à l'heure de l'eau chaude, comment la produisez-vous ?
PA : Nous avons besoin d'eau chaude pour le nettoyage du circuit laitier de l'installation. Il doit être réalisé après chaque traite avec de l'eau chauffée à un minimum de 60 °C. Pour cela, nous avons fait installer un chauffe eau solaire composé de 4 m² de capteurs et d'un ballon de 200 litres.

(Capteurs solaire)

L'eau est en priorité chauffée par le solaire. Un appoint électrique est programmé pour se déclancher 2 heures avant la traite si l'eau du ballon n'atteint pas les 60°C minimum.
Cette salle de traite mobile nous satisfait pleinement. Autre avantage, elle nous permet, en plus de traire directement en pâture, de laisser les eaux blanches (eau + lait) s'écouler directement dans les champs. Ce type d'installation limite également la production de fumier, les vaches sortant directement dans la pâture une fois traites.
De plus, il est appréciable, après une journée de travail, de pouvoir s'asseoir pendant la traite.

A : Avez-vous des projets futurs dans l'évolution de vos activités ?
PA : Nous avons en prévision de réaliser un système de séchage solaire de fourrage en grange et d'intégrer un 3ème associé au GAEC de l'Abreuvoir.

A : Philippe ALLAGNAT merci.