Commune

Interview de Monsieur PERROT, adjoint, chargé des bâtiments et de l'urbanisme à la mairie de Gillonnay, à propos de la chaufferie communale au bois déchiqueté
Propos recueillis par Marc LIPRANDI et Alexandre GUERLE

(Gillonay)

La mairie de Gillonnay était équipée d'un système de chauffage vétuste utilisant trois chaudières au fioul et des convecteurs électriques pour l'ensemble de ses locaux. Elle utilise aujourd'hui une chaudière automatique au bois pour chauffer l'ensemble.


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AGEDEN : René PERROT bonjour. La mairie de Gillonnay a décidé de changer de système de chauffage et de se tourner vers les énergies renouvelables. Quel a été l'élément déclencheur de cette modification ?
René PERROT : À la suite du déménagement de l'école maternelle et de la bibliothèque vers un autre bâtiment et compte tenu de la vétusté de nos équipements de chauffage, nous avons décidé de rénover notre installation.
Au début, nous étions plutôt favorable à l'installation d'un système de chauffage au gaz mais, lors d'une visite sur la commune de Bellegarde Poussieu, organisée par l'AGEDEN, nous avons découvert l'existence du chauffage collectif automatique au bois.
Quelques visites supplémentaires d'autres communes équipées elles aussi de chaudières automatiques au bois et une présentation du projet bois par l'AGEDEN en conseil municipal, ont fini de nous convaincre de l'intérêt économique et environnemental de ce système.
En effet, le premier des atouts réside dans l'utilisation du bois de notre commune, ce qui nous permet de faire fonctionner les entreprises locales tout en entretenant l'espace forestier.

A : L'investissement dans ce mode de chauffage est généralement plus lourd, qu'en est-il réellement ?
RP : L'analyse d'opportunité qui nous a été fournie par l'AGEDEN a montré qu'un projet de chaudière au bois déchiqueté, aidé par les collectivités territoriales (Conseil Général, Région Rhône-Alpes) et l'ADEME ne pèserait guère plus qu'une chaudière gaz sur les finances de la commune.
Certains membres du conseil municipal étant également agriculteurs, nous ont incités à utiliser le bois communal, qu'ils se proposaient d'exploiter. Nous avons donc décidé d'installer ce système de chauffage au bois déchiqueté, couplé à un système au gaz de ville comme complément. Au fonctionnement, le faible prix du combustible bois inverse la tendance et s'avère meilleurs marché que n'importe lequel des combustibles fossiles.

A : Aujourd'hui, quels bâtiments sont concernés par ce changement ?
RP : En fait il n'y a qu'un seul bâtiment de 2 étages, d'une superficie d'environ 735 m². Il abrite la mairie, la salle des fêtes, une salle de garderie périscolaire, une " salle des associations ", ainsi que trois classes de l'école publique du village.

(Ecole)


A : Parlez-nous maintenant des caractéristiques de l'installation et de la filière d'approvisionnement : et-elle conforme à ce que vous imaginiez lors de la mise en place du
projet ?

RP : Nous avons choisi une chaudière de marque HARGASSNER d'une puissance de 100 kW dont la mise en route a eu lieu en septembre 2004. Depuis septembre 2005, le chauffage au bois est utilisé pour l'ensemble du bâtiment, les étages ayant été raccordés en juin 2005.
Pour l'approvisionnement en bois déchiqueté, nous avons fait appel comme prévu initialement à un jeune agriculteur de la commune, M. RABATTEL, qui vient nous livrer les plaquettes toutes les 3 semaines environ. Transporté dans une remorque, le combustible est déversé sur une plateforme de réception puis acheminé vers le silo par une vis sans fin.


(Chaudière)


A : Quelle est votre consommation annuelle de plaquettes ?

RP : En 2004, l'électricité était toujours utilisée pour chauffer les étages qui viennent d'être raccordés, et le bois ne concernait que les 2/3 du bâtiment. La consommation que nous avons enregistrée sur cette période, soit 120 MAP ne reflète donc pas avec exactitude la réalité de nos besoins. Maintenant que l'installation est terminée, notre consommation devrait atteindre environ 200 MAP, soit 40 à 50 tonnes, conformément aux prévisions qui avaient été faites lors de la phase d'étude.

A : Pouvez-vous nous donner quelques chiffres concernant le coût de l'installation ?
RP : Au total, la destruction de l'existant (réseau et chaudières) et la création d'une nouvelle chaufferie et d'un nouveau réseau hydraulique représentent un investissement de
244 000 € TTC. Les aides et subventions qui ne portent que sur l'achat du système de chauffage au bois déchiqueté se sont élevées à
60 250 €, répartis entre l'ADEME, la Région Rhône Alpes et le Conseil Général de l'Isère.

A : Pour conclure, la commune de Gilonnay est-elle satisfaite de son choix ?
RP : Jusqu'à aujourd'hui, entièrement : ce choix répond à notre attente.
Toutefois, nous attendons de voir ses performances au bout d'une année de fonctionnement à pleine puissance, tous les raccordements étant maintenant réalisés.
Rendez-vous en juin 2006 !

A : René PERROT merci


MAP : Mètre cube Apparent de Plaquettes