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AGEDEN
: Charles Colombier bonjour, vous êtes professeur de physique
appliquée dans cet établissement équipé
d'une centrale solaire photovoltaïque. Pourquoi cette installation
sur le lycée ?
CC : Cette centrale photovoltaïque, installée
en 2004, est un projet qui a été proposé par
Bernard GENET et moi même, tous deux professeurs dans ce lycée,
puis soutenu par l'ensemble de l'établissement.
Historiquement, le lycée avait déjà réalisé
des travaux pédagogiques autour du développement durable
(visites et études de centrales micro-hydrauliques, maîtrise
de la consommation d'électricité sur l'établissement,
...). Nous cherchions à diversifier les applications concrètes
quand il nous est apparu que le l'architecture du lycée du
Grésivaudan, avec son orientation Sud Est à 22°
et des plans inclinés à 30°, convenait particulièrement
bien à l'implantation de capteurs photovoltaïques.
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(Capteurs
photovoltaïques)
A
: L'installation sert bien sûr à la fabrication d'électricité
mais elle a également un but pédagogique.
CC : Exactement, à partir de cette installation concrète,
il est possible d'aborder de nombreux thèmes dans les enseignements
techniques, scientifiques et économiques. Une plate-forme
pédagogique permet notamment de réaliser des travaux
pratiques.
De plus cette installation est l'occasion de " journées
de l'énergie " qui permettent aux étudiants
de BTS d'accueillir les nouveaux arrivants (en classe de 2nde)
en leur présentant la centrale solaire, tout en tenant
des stands présentant des systèmes remarquables
(moteur sterling, production d'électricité à
partir d'une bicyclette - on a atteint 250 W - systèmes
de ventilation, ...).
A
: Cette centrale est remarquable à plus d'un titre, pouvez-vous
nous en dire plus ?
CC : Elle est composée de 380 m² de capteurs photovoltaïques
soit une puissance installée de l'ordre de 45 kWc. Toujours
dans un but pédagogique, les capteurs sont installés
de 3 façons différentes : sur châssis rigides
en terrasse, en surimposition de pans inclinés et en verrière.
Grâce à cette diversité, il nous est possible
d'étudier la production et les spécificités
de ces différents types d'intégration.
L'adaptation des capteurs en verrière est intéressant,
notamment par le fait qu'il a également pour rôle de
filtrer la lumière pour limiter la température du
Centre de Documentation et d'Information grâce à son
opacité (63 %).
L'électricité sortant en courant continu des différents
capteurs passe ensuite dans des onduleurs (13 sur l'établissement)
avant d'être vendue au réseau EDF.
(Verrière
Centre de documentation)
A
: Vous vendez donc l'électricité à EDF, comment
cela ce passe t-il ?
CC : Depuis son installation en septembre 2004, la centrale photovoltaïque
a généré près de 175 MWh, soit une moyenne
annuelle d'environ 57 MWh. L'électricité produite
est comptabilisée par un 1er compteur qui permet de déterminer
la quantité que nous vendons à EDF. Un 2nd compteur
permet de quantifier la consommation résiduelle de nos onduleurs.
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EDF
nous achète l'électricité à 0,15 €/kWh,
ce qui nous fait un revenu annuel de vente d'électricité
photovoltaïque de l'ordre de 8 500 €. Jusqu'à présent
nous avons obtenu de la région Rhône-Alpes le droit
de gérer ces bénéfices au sein de l'établissement,
sous réserve de l'investir pour la maintenance de l'installation
et en faveur du développement durable au lycée. Ainsi
nous avons notamment pu équiper l'établissement de
minuteurs pour les toilettes.
Pour informer les usagers du lycée de la production des capteurs,
il a été installé dans le hall de l'établissement
un panneau explicatif indiquant la quantité d'énergie
produite depuis la mise en place des capteurs ou sur la journée,
mais aussi le nombre de tonnes de CO2 évitées depuis
le 1er kWh produit.
(Compteur
et onduleur)
A : D'autres
installations ont-elles été réalisées
pour approfondir vos projets éducatifs ?
CC : Oui, nous avons installé une centrale météorologique
(température, hygrométrie, rayonnement solaire et
UV, vent et pluviométrie) permettant de comparer l'évolution
des différents paramètres climatologiques avec la
production de nos capteurs photovoltaïques. Ceci nous a permis
de mettre en évidence que le rendement d'une centrale photovoltaïque
est soumis bien-sûr à l'ensoleillement, mais également
à la chaleur. Au-delà d'une certaine température,
la production des capteurs commence à diminuer.
De manière à pouvoir référencer toutes
ces variables, à la fois météorologiques et
photovoltaïques, un système informatique de télé-contrôle
a été installé. Les relevés sont consultables
sur le site internet : www.solaire.lgm.ac-grenoble.fr
.
(Capteur de rayonnement solaire)
A
: Et du point de vue du financement, comment cela s'est-il passé
?
CC : L'ensemble de l'installation photovoltaïque a coûté
près de 300 000 €. Son financement a été
équitablement pris en charge par l'ADEME, la région
Rhône-Alpes et l'Europe. Pour cette dernière, nous
avons eu la chance de pouvoir intégrer le projet UNIVERSOL.
Son objectif, aujourd'hui atteint, était d'installer 25 centrales
solaires photovoltaïques sur des bâtiments à vocation
pédagogique dans 4 pays de l'Union Européenne afin
de stimuler le développement de cette technologie.
A
: Maintenant que nous avons fait le tour de cette installation,
avez-vous quelques remarques à formuler ?
CC : L'installation solaire fonctionne très bien, même
au-delà de nos espérances puisqu'elle a atteint et
dépassé chaque année sa production annuelle
prévisionnelle de près de 10 %.
Au delà des chiffres, l'impact pédagogique de cette
installation est indéniable et nous pensons d'ailleurs la
compléter avec la pose d'un capteur monté sur la structure
orientable déjà en place de manière à
pouvoir également étudier les variables de l'orientation
et de l'inclinaison par rapport au soleil.
Néanmoins, nous allons devoir résoudre un problème
de température excessive sous la verrière du CDI.
En effet, derrière les verrières photovoltaïques,
et ce malgré une pénétration du soleil atténuée,
la température de la pièce s'élève assez
rapidement. Pour y remédier, nous envisageons d'installer
une ventilation qui permettra d'évacuer l'air surchauffé
par une entrée d'air frais.
A
: Charles COLOMBIER merci.
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