|
AGEDEN : Claude BOUVIER bonjour, la maison que vous occupez est
ancienne, et vous l'avez équipée de systèmes
de production d'énergie renouvelable pour l'eau chaude, le
chauffage et l'électricité, rien que ça !
CB : Notre maison fait 190 m2 et elle est chauffée par 11
radiateurs, nous avons donc de gros besoins de chaleur. Pour l'eau
chaude et la production d'électricité, ce sont aujourd'hui
des technologies bien maîtrisées et compte tenu des
aides mises à disposition, nous avons souhaité mettre
nos actes en adéquation avec notre façon d'appréhender
notre environnement.
A
: Parlons tout d'abord du chauffage que vous avez décidé
de changer il y a peu.
CB : Avant juillet 2003, nous utilisions une chaudière bois
bûches, ce qui relevait déjà de l'énergie
renouvelable, mais avec un appoint au fioul, qui nous servait surtout
pour maintenir la maison hors gel lors d'absences prolongées.
A
: Quelles ont été vos motivations pour ce changement
?
CB : Quand on se levait le matin, la première chose à
faire était de recharger la chaudière en bûches.
Le temps que celle-ci procure de la chaleur, nous étions
déjà partis au travail. Le soir quand nous rentrions,
la maison était froide donc il fallait remettre des bûches
.
En fait nous désirions plus de confort thermique et moins
de manipulations de bûches.
A
: Vous avez choisi une chaudière automatique à bois
déchiqueté, expliquez-nous pourquoi ?
CB : Nous utilisions déjà le bois et nous étions
satisfaits de ce combustible, à la fois renouvelable et de
faible coût. Nous avons donc logiquement cherché à
continuer à se chauffer au bois mais avec plus de confort
et d'autonomie. Nous utilisons donc maintenant le même combustible,
mais transformé, broyé en " plaquettes forestières
": Elles proviennent de bois alentours, sur des coupes municipales,
ou sur des propriétés forestières locales.
Nous récupérons ce qui est laissé sur place
à pourrir après le passage des forestiers et après
en avoir demandé l'autorisation aux propriétaires.
A
: Vous voulez dire que le bois avec lequel vous vous chauffez est
gratuit ?
CB : En grande majorité oui, sauf pour une infime partie
qu'il faut acheter à la municipalité sur les coupes
d'affouages. Et il nous faut quand même payer le déchiquetage
et consacrer le temps nécessaire au ramassage en forêt
puis au
transport !
A
: Vous parlez de déchiquetage ou de broyage, en quoi cela
consiste-il ?
CB : C'est le principe même du chauffage automatique au bois
: il faut le " liquéfier " pour qu'il puisse être
acheminé de façon automatique depuis le silo jusqu'au
brûleur de la chaudière. Pour cette transformation,
nous louons un tracteur à un agriculteur et le broyeur à
la société SB Thermique. L'ensemble nous revient à
environ 140 € la demi-journée. Cette opération
intervient une ou deux fois par an, pour obtenir la quantité
de combustible nécessaire à notre consommation annuelle,
soit 40 à 50 MAP* de plaquettes selon les essences.
A
: Et au point de vue du stockage, quelle est la taille de votre
silo ?
CB : Notre capacité de stockage est de 80 m3, mais la partie
du silo équipée de la vis d'extraction automatique
ne permet d'accéder qu'à une douzaine de m3. En fait,
nous produisons une trentaine de m3 à chaque demi-journée
de broyage et si le bois n'est pas assez sec une fois déchiqueté,
ou si le silo est plein, nous le mettons sur une plateforme attenante
puis ensuite nous le poussons dans le silo avec une pelle. Grâce
à cette plateforme, la taille de notre réserve de
bois déchiqueté et grandement augmentée.
(Hangar
de stokage - Capteurs thermiques)
A : En ce
qui concerne le fonctionnement de votre chaudière, quelle
est la fréquence à laquelle vous videz son cendrier
?
CB : Nous le vidons une fois par mois ou par quinzaine en cas de
grand froid. La cendre recueillie comporte parfois quelques paillettes
de charbon de bois qui nous indiquent que la combustion n'est pas
toujours complète. Nous avons vu avec un technicien qui nous
a déconseillé de modifier les réglages de combustion.
A
: Entre votre chaudière et votre ballon tampon, vous avez
une distance relativement importante, comment est faite la liaison
?
CB : En effet, entre notre chaudière Herz et notre ballon,
d'une contenance de 1 000 litres que nous chauffons à 80°C,
nous avons une distance de 20 mètres linéaires. Ils
sont couverts par une canalisation isolée de 40 mm de diamètre
et enterrés à un mètre de profondeur.
A
: En combien de temps estimez-vous amortir votre investissement,
en tenant compte des subventions ?
CB : L'investissement a été de 26 363 € subventionné
à hauteur de 49,7 % répartit entre la région
Rhône Alpes, le Conseil Général de l'Isère
et le crédit d'impôt. Nous comptons sur un amortissement
de l'ordre de 9 à 10 ans pour l'ensemble des travaux : le
bâtiment, les tranchées, la chaudière
.
|
|
A : Êtes-vous
satisfait de votre nouvelle installation de chauffage au bois ?
CB : Enormément puisque le confort " technique "
s'est amélioré du fait de la baisse des manipulations
du bois. De même, le confort thermique s'est lui aussi amélioré
puisque dorénavant le chauffage est en continu tout au long
de la journée, il n'y a plus d'alternance froid chaud.
A
: Comme nous l'avons évoqué tout à l'heure,
vous possédez également un chauffe eau solaire. Quelles
en sont les caractéristiques ?
CB : En effet nous possédons un chauffe eau solaire depuis
1980, installation qui a été rénovée
en 2002. Cette dernière se compose de 4 m² de capteurs
de marque Clipsol qui sont intégrés à la toiture.
Ils sont liés à un ballon de 330 litres à appoint
électrique intégré. Comme pour notre chauffage
au bois, une distance de 20 mètres sépare les capteurs
du ballon.
A
: Quel est a été l'investissement pour cette installation
?
CB : Son coût a été de 6 200 €, subventionné
à hauteur de 35 % répartit entre la région
Rhône Alpes, l'ADEME et le Conseil Général de
l'Isère.
A
: Êtes-vous satisfait de votre installation solaire thermique
?
CB : Oui, elle fonctionne bien mais, du fait de l'éloignement
entre les capteurs et le ballon, elle aurait mérité
une surface de capteurs légèrement plus importante
pour permettre une meilleure couverture à l'intersaison.
Néanmoins, elle couvre tout de même environ la moitié
de nos besoins en eau chaude sanitaire !
De plus les capteurs sont très solides, dernièrement
il y a eu une averse de gros grêlons qui a ravagé le
jardin mais nous n'avons eu aucun dégât sur notre installation
thermique, de même d'ailleurs que sur celle photovoltaïque
!
(Ballon
d'eau chaude)
A : Vous possédez
donc également une centrale photovoltaïque reliée
au réseau, quelles en sont les caractéristiques ?
CB : Exactement, depuis l'année 2000, nous possédons
une installation de production d'électricité photovoltaïque.
Elle est composée d'une surface de 20 m² de capteurs
fournissant une puissance crête de 2 100 W, soit une production
annuelle d'environ 2 000 kWh, ce qui est de l'ordre de grandeur
de notre consommation.
Après passage de notre électricité dans un
onduleur, pour transformer le courant continu en provenance des
panneaux en courant alternatif, nous revendons la totalité
de notre production à EDF.
A
: A combien s'est élevé cet investissement ?
CB : Le coût de notre installation photovoltaïque a été
de 16 000 €, subventionné à hauteur de 68 %,
répartit entre la région Rhône Alpes, l'ADEME
et l'Europe, par l'intermédiaire d'un projet suivi par l'association
HESPUL(69). Le prix de rachat de l'électricité par
EDF étant actuellement le double de celui facturé
pour ma consommation, l'amortissement de l'installation est compatible
avec la duré de vie de l'installation et du contrat de rachat.
A
: Êtes-vous satisfait de votre installation photovoltaïque
?
CB : Oui, nous n'avons rien à exprimer que notre satisfaction
de la voir tenir depuis 5 ans le niveau de production envisagé
sans aucun problème.
A : Claude
BOUVIER, merci.
|