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AGEDEN :
Rodolphe EMAILLE, bonjour. Quels types d'énergies renouvelables
utilisez-vous dans votre habitation ?
RE : Je possède une installation solaire photovoltaïque
depuis avril 2005 et une installation d'eau chaude solaire mise
en service en juin 2002.
A : Commençons
par le photovoltaïque, de quelle surface de capteurs disposez-vous
?
RE : J'ai 16 m2 de capteurs photovoltaïques, composés
de 12 modules polycristallin NiSi Photowatt PW1650 d'une puissance
unitaire de 165 Wc. Ils sont couplés par 6 en série
comme le recommande la configuration des panneaux. La société
Photowatt propose des kits de différentes puissances et j'ai
opté pour une installation de 2000 Wc.
Depuis leur installation, ils produisent en moyenne 13 kW / jour.
(Capteurs
photovoltaïques)
A : Cette installation peut donc vous fournir une puissance de
1.98 kWc, que faites-vous de cette électricité produite,
la revendez-vous à EDF ?
RE : Oui, j'ai souscrit un accord avec EDF dans lequel ils s'engagent
à acheter mon électricité à hauteur
de 0.145 € / kWh (TTC). Pour la consommation de la maison,
je leur achète de l'électricité au prix normal
en vigueur, 0.075 € / kWh (HT). Je revends donc mon électricité
un peu moins du double du prix d'achat. Le coût de raccordement
au réseau EDF est de 607 €.
A : Avant
cette vente à EDF, vous devez posséder un onduleur,
de quel type est le vôtre ?
RE : En effet, l'onduleur me sert à transformer le courant
continu sortant des capteurs en courant alternatif pour le réseau.
Celui proposé dans le kit est un modèle Fronius IG20
de 2000 W. Il est relié au réseau EDF pour vendre
mon électricité, il se synchronise sur la fréquence
du réseau de façon à produire un courant de
qualité ne perturbant pas le réseau EDF.
(Onduleur
et compteurs)
A : Vous
possédez également 2 compteurs électriques,
à quoi vous servent-ils ?
RE : En fait j'en possède même 3. Il y a celui traditionnel,
pour connaître ma consommation d'électricité
et les 2 autres concernent l'installation photovoltaïque. Le
premier sert à connaître la quantité d'électricité
que j'ai produit et revendu à EDF. Le second sert à
EDF pour vérifier que je ne consomme pas d'électricité
que je produis, ce compteur est appelé
"antifraude ".
A : Vous
devez louer ces 2 compteurs supplémentaires, combien vous
sont-ils facturés ?
RE : Pour chacun des compteurs de mon installation photovoltaïque,
je paie 1.87 € / mois. De plus, je loue aussi le disjoncteur
de l'installation à EDF pour la somme de 0.95 € / mois.
A : Et au
niveau du financement, comment cela s'est passé ?
RE : L'ensemble de l'installation m'a coûté 13 894.35
€ TTC. Les subventions s'élèvent à 64
% de cet investissement. Elles se répartissent entre la région,
4 200 €, et le crédit d'impôt de 40 %.
A : Quels
organismes vous ont aidé à mener ce projet à
son terme ?
RE : L'association HESPUL, l'entreprise "Vent Solaire Applications"
et mon installateur. Sur le site internet de l'association HESPUL,
on retrouve de façon détaillée toutes les démarches
à accomplir.
A : Avez-vous
une remarque à faire sur le solaire photovoltaïque ?
RE : Oui, j'ai remarqué lors de l'utilisation des capteurs
que leur rendement varie en fonction des températures, s'il
fait très chaud, il baisse. Les rendements optimums sont
donc obtenus en intersaison. Je me suis renseigné sur cette
variation et l'on m'a répondu que cela provenait des propriétés
intrinsèque du silicium, la perte de puissance est de 0.5%/°C.
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A : Passons
maintenant au solaire thermique. Vous possédez un chauffe
eau solaire, de quelle surface de capteurs disposez-vous ?
RE : Je possède 4 m2 de capteurs thermique Clipsol qui sont
intégrés à la toiture.
A
: Quel ballon utilisez-vous ?
RE : Je possède un ballon Clipsol de 330 litres. Un autre
ballon électrique de 100 litres servant à une douche
excentrée. Il est alimenté en eau chaude solaire
au lieu d'être alimenté en eau froide du réseau.
(Chauffe
eau solaire)
A : Quel type de chauffage d'appoint utilisez-vous ?
RE : En hiver, le chauffage de l'eau est électrique. Le ballon
solaire dispose d'une résistance électrique permettant
de chauffer uniquement le tiers du volume (soit environ 100 litres).
A : A combien
s'est élevé votre investissement et à quelle
hauteur a-t-il été subventionné ?
RE : L'installation m'a coûté 5 510.96 €, dont
1 500 € de pose. Les subventions se sont réparties à
hauteur de 763 € pour la région Rhône-Alpes, 460
€ pour le Conseil Général de l'Isère,
920 € de l'ADEME et 15 % de crédit d'impôt, hors
main d'uvre et subventions déduites.
A : Avez-vous
une remarque sur le solaire thermique ?
RE : En fait, je trouve que le solaire thermique est performant,
même trop à certaines périodes. En effet, durant
l'été 2003, l'eau à l'intérieur du ballon
est montée jusqu'à 92 °C, ce qui est trop élevé
pour de l'eau coulant au robinet, il y a risque de brûlure
et d'abîmer les canalisations. Pour éviter que cela
ne se reproduise, j'ai installé un thermostat à la
sortie du ballon. Celui-ci va mélanger de l'eau froide à
l'eau chaude en cas de température excessive.
A : Quelles
ont été vos motivations pour inverstir dans ces 2
types d'énergies ?
RE : Ma principale motivation est environnementale, il faut montrer
que ces
" nouvelles " technologies sont performantes et fonctionnelles.
Toujours dans cet esprit, j'ai également réalisé
un récupérateur d'eau de pluie pour arroser mon jardin
et j'ai isolé mon plafond avec de la laine de mouton, matériau
sain et entièrement naturel. En ce qui concerne le système
photovoltaïque, le sujet m'intéresse car j'ai une formation
d'ingénieur en électrotechnique. Je retire également
une certaine satisfaction de revendre l'électricité
à EDF et de me dire que sur le papier, je produis l'énergie
que je consomme, et même d'avantage !
A : Êtes-vous
satisfait de vos 2 installations ?
RE : Pour le chauffe eau solaire, je dirais que j'en suis satisfait
et, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, il est même
trop performant l'été. Il faudrait lui prévoir
un système de bâche de façon à réduire
la production de chaleur. En ce qui concerne le photovoltaïque,
je suis également entièrement satisfait. Je n'aurais
qu'un seul reproche, c'est qu'il est impossible de savoir si un
module ne fonctionne pas, si ce n'est en suivant régulièrement
la production de l'installation.
A : Rodolphe
EMAILLE, merci.
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