Particuliers

Interview de Monsieur Traversaz à Charvieu-Chavagneux sur sa pompe à chaleur géothermique, son puits canadien et son chauffe-eau solaire.
Propos recueillis par Alexandre GUERLE



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M. et Mme TRAVERSAZ, ainsi que leur fils, habitent à Charvieu-Chavagneux, à quelques kilomètres de Pont-de-Chéruy. Lors de la création de leur maison, il y a quelques dizaines d'années, ils ont investi dans des systèmes très novateurs pour l'époque : une pompe à chaleur géothermique, un puits canadien et un chauffe eau solaire.

AGEDEN : André TRAVERSAZ bonjour, pour le chauffage et l'eau chaude de votre maison vous utilisez de nombreuses sources d'énergie…. Mais parlons tout d'abord de votre maison, quelles en sont les caractéristiques ?
AT : Dans notre maison, d'une surface de 120 m² répartis sur un rez-de-chaussée et un étage, nous habitons à 3 personnes. Nous l'avons fait construire en 1979, avec des critères d'isolation performants pour l'époque puisque nous avions installé 15 cm de laine de verre dans les murs et 20 cm en toiture. Comme émetteurs de chaleur pour notre habitation, nous avions opté pour un système de plancher chauffant, nous en avons 2 différents, un pour l'étage et l'autre pour le rez-de-chaussée, que nous avons fait fonctionner avec une pompe à chaleur géothermique. De plus, nous avions décidé d'installer également un puits canadien et un chauffe eau solaire.

(Entrée du puits canadien)


A : Dites moi, vous avez été innovant pour la construction de votre maison ! Maintenant voyons les différentes sources d'énergie en commençant par votre pompe à chaleur, pouvez-vous nous en dire plus ?
AT : Cette pompe à chaleur est dite "géothermique", elle utilise la chaleur du sol pour chauffer la maison. En effet, nous avons quelques 400 m de canalisations enfouies dans le jardin sur 2 niveaux, l'un à 1,5 m de profondeur et l'autre à 1,3 m, dans lesquels circule de l'eau glycolée. Ce liquide est réchauffé par le sol, il atteint en moyenne une dizaine de degré celsius. La pompe à chaleur à proprement parler est en fait un compresseur qui va comprimer le fluide et lui permettre de monter à une température de près de 40°C. Notre installation possède également un second compresseur pour pallier en cas de panne du premier mais également pour assurer une température suffisante en cas de grand froid. Le liquide ainsi réchauffé circule ensuite dans les planchers chauffants.
Notre pompe à chaleur est de la marque Masser et était annoncée en 1979 comme ayant un Coefficient de Performance de 3 (1 kWh électrique donne donc 3 kWh thermique) ce qui nous permet de nous chauffer avec moins de
4 000 kWh / an.
Cette installation ne donnait de l'eau chaude qu'avec une température maximum d'environ 40°C, il nous a fallut donc penser à un autre système pour notre eau chaude sanitaire.

(Pompe à chaleur)

A : Vous avez donc opté pour une énergie gratuite, le soleil !
AT : Exactement, nous avons fait installer un chauffe eau solaire en même temps que la construction de la maison et de la pompe à chaleur. Celui-ci se compose de 4 m² de capteurs solaire thermique qui sont reliés à un ballon d'environ 200 litres avec appoint électrique. Cet appoint électrique ne fonctionnant que la nuit, nous manquions d'eau chaude si le soleil n'était pas au rendez-vous la journée. De plus, l'appoint électrique du ballon nous posait quelques problèmes. Nous avons donc décidé d'investir dans un second ballon d'une même capacité, avec lui aussi un appoint électrique. Nous avons ensuite installé les 2 ballons en série et déconnecté l'appoint du premier ballon. Depuis, notre installation fonctionne sans problème.

(Capteurs solaire thermique
pour le chauffe eau solaire individuel
)


A : Vous nous avez dit que vous possédiez également un puits canadien, dites nous en plus…
AT : En effet, lors de la construction de la maison en 1979, nous avons profité des tranchées réalisées pour installer un puits canadien. Ce système permet de préchauffer l'air froid qui entre dans la maison par la ventilation en le faisant circuler dans le sol.
Nous avons donc enterré une canalisation en béton d'environ 15 mètres de long à quelques 2,5 mètres de profondeur. Regardez, aujourd'hui il fait environ 7°C dehors alors que l'air qui entre chez moi est à 16°C !
Cet air préchauffé est envoyé par une pompe dans la maison, faisant ainsi une légère surpression qui pousse l'air vicié hors de la maison.
De même que ce système préchauffe l'air l'hiver, il permet également de la refroidir en été, la température du sol ne variant que peu à cette profondeur.

(Tranchée pour travaux du puits canadien)

A : Avez-vous quelques informations à ajouter ?
AT : Oui, une petite précision sur une modification que j'ai personnellement réalisé sur les planchers chauffant. Pour rafraîchir notre maison durant l'été, j'ai raccordé nos planchers chauffant à l'eau d'arrosage (relativement fraîche) de notre jardin.
Une autre installation relativement intéressante consiste au branchement direct de notre lave-vaisselle sur le réseau d'eau chaude. Ceci évite d'avoir la résistance électrique de l'appareil qui fonctionne pour chauffer l'eau qu'il va utiliser et permet d'utiliser l'eau chaude gratuite des capteurs solaires.

A : Quelles ont été vos motivations pour investir dans ce matériel innovant à cette époque ?
AT : Tout d'abord, ma femme et moi sommes sensibles à l'écologie et au respect de la planète. Pouvoir agir à notre niveau sur les consommations énergétiques de notre habitation nous a semblé très important. De plus, en 1979, c'était juste après le 1er choc pétrolier de 1978 d'où une prise de conscience de notre part que l'énergie allait voir son prix augmenter ! Donc pour nous, le choix était logique puisqu'il alliait respect de l'environnement et gains économiques…

A : Avez-vous des conseils pour d'autres personnes qui feraient construire une maison ?
AT : Non pas spécialement si ce n'est que je les incite à réaliser un plancher chauffant ainsi qu'un puits canadien, éléments très facilement réalisables et à moindres frais lors de la construction de la maison.

A : André TRAVERSAZ merci.